Cavaliers

Jordan Clarkson milite pour que les NBAers participent aux compets internationales : représenter son pays, ça n’a pas de prix

Jordan Clarkson

Il n’y a pas que sa franchise dans la vie.

Source image : Youtube

Après de longues années de bataille, Jordan Clarkson va enfin pouvoir porter le maillot des Philippines, comme on vous l’annonçait il y a trois jours. JC va prendre part aux Asian Games, qui se déroulent du 18 août au 2 septembre. S’il a gagné son combat, seulement pour cette compétition, il ne compte pas s’arrêter là. Le joueur des Cavaliers milite pour que les joueurs NBA puissent de plus en plus participer aux compétitions internationales, afin de pouvoir représenter leur pays, mais aussi pour l’intérêt de la Ligue au niveau mondial. 

Jordan Clarkson a bien compris le business qu’est la NBA. La volonté de la Grande Ligue, surtout sur les dernières années, est d’étendre son influence, de s’exporter du mieux possible, particulièrement en Europe et en Asie. La preuve en est, dans les prochains temps, un des objectifs d’Adam Silver est de conquérir le marché indienAll is about businessbusiness is business, voilà des formules qui résument bien ce qu’est la plus grande ligue de basketball au monde. Ainsi, l’intérêt des franchises et de l’institution qui la chapeaute prime au-dessus des autres desseins, soit ceux des joueurs. Le combat club vs équipe nationale fait rage depuis des décennies. Clairement, les franchises ont le droit de refuser que leurs joueurs aillent disputer des compétitions internationales l’été. Les inquiétudes des équipes sont légitimes : la peur des blessures (coucou Dante Exum), la possibilité de manquer les camps d’entraînement de pré-saison et d’arriver hors de forme aux USA… C’est compréhensible. Sauf que l’essence du basketball, avant d’être un sport qui brasse des grosses sommes, c’est le jeu, et donc les joueurs. Dans une phase où l’internationalisation de la Ligue se fait de plus en plus grande (42 nationalités représentées la saison dernière), et où les joueurs non-américains représentent environ un quart des joueurs NBA, cela paraîtrait logique de laisser la possibilité à ces internationaux d’aller jouer pour leur pays. C’est à la fois dans l’intérêt des joueurs, mais aussi de la Ligue, pour avoir une vitrine, une exposition dans toute compétition. C’est en tout cas la vision qu’a confié Jordan Clarkson à l’AFP, lui qui s’est acharné pour pouvoir porter le maillot des Philippines cet été :

« Après que l’on m’ait dit non à tant de reprises, j’ai refusé d’abandonner. J’ai continué à me battre. Je suis ici maintenant, prêt à jouer. […] Le fait de juste jouer dans les Asian Games veut déjà dire beaucoup pour moi. C’est une superbe expérience pour moi. Gagner une médaille serait un exceptionnel accomplissement. […] Je pense qu’ils ont compris [la NBA, ndlr] – en Asie les enfants jouent avec un ballon de basket. Je sens que la NBA nous autorise à faire notre truc. »

En effet, nous. Car en plus de Jordan Clarkson, la NBA a décidé de faire une exception pour Zhou Qi des Rockets et Ding Yanyuhang des Mavericks, afin qu’ils puissent aller jouer avec la Chine. Ce sont donc trois représentants de la Grande Ligue qui vont participer aux Asian Games. Cette compétition est d’ailleurs la deuxième plus grande manifestation sportive au monde, derrière les Jeux Olympiques. De manière relativement inexplicable, les Asian Games ne font pas partie des compétitions « homologuées » par la NBA, contrairement aux JO, à la Coupe du Monde de la FIBA. C’est ainsi qu’une exception pour cette unique compétition a été mis en place. Mais, si comme le dit le combo guard de Cleveland, la Ligue a vraiment compris l’intérêt d’une telle manœuvre, le statut d’une telle compétition pourrait évoluer dans le prochain Collective Bargaining Agreement. Certes, les compétitions internationales représentent des risques pour les joueurs NBA, et donc de possibles pertes d’argent pour les franchises qui les emploient. Ceci dit, pour que le basket américain gagne encore en influence à travers le monde, il va falloir accepter ces risques, de manière à pouvoir avoir des têtes d’affiche, des ambassadeurs de la Ligue dans chacun des pays où la balle orange est appréciée et pratiquée. C’est le combat de Jordan Clarkson, qui s’il ne reste pas dans le monde du basket après sa carrière, pourra entamer une carrière de syndicaliste. Il a acquis gain de cause, et sera une des attractions de ces Asian Games. En effet, il a été désigné comme le porte-drapeau des Philippines, et il sera également le porteur des espoirs de ce peuple qui aime tant le basketball, dont l’équipe a été décimée après l’énorme barfight qui a pris place début juillet entre l’Australie et le pays de Manny Pacquiao, qui a dû apprécier le spectacle. JC commencera sa compétition demain, contre la Chine de Zhou Qi, autant dire qu’un gros match est à prévoir, tout comme les 47 shoots du croqueur de Cleveland.

Si Jordan Clarkson a gagné une bataille en participant à sa première compétition avec le pays de sa grand-mère, sept ans après ses premières démarches en ce sens, il est encore loin d’avoir gagné la guerre. Mais cette exception est une premier pas vers une ouverture encore plus grande de la NBA vers les compétitions internationales. Cela peut être un deal gagnant-gagnant pour la Ligue et les joueurs, ce sont par contre les franchises qui risquent de grogner si elles perdent, à terme, du contrôle sur les activités de leurs basketteurs pendant l’été. 

Source texte : AFP via YahooSports

Cliquez pour commenter

Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


To Top