Spurs

Manu Ginobili raconte le moment où il a su qu’il arrêterait : cause toujours, on n’a toujours pas séché nos larmes

Manu Ginobili

Un gigantesque champion qui s’en va avec classe… comment lui en vouloir ?

Source : Youtube

On le pensait immortel. Malheureusement le génial argentin a pris la décision en fin d’été de ne pas rechausser les baskets pour sa franchise de toujours. Il laisse un vide dans nos cœurs et dans la Ligue, mais il semble que le choix se soit imposé à lui. Même s’il lui a fallu de longues semaines, son retour de vacances l’a définitivement convaincu de tourner la page.

C’était l’une des interrogations les plus suivies dans le monde NBA. Reprendra, reprendra pas ? A l’instar de ses collègues Dwyane Wade et Udonis Haslem, qui eux nous ont fait le plaisir de prolonger le plaisir, EUX, Manu s’était laissé le temps de la réflexion. Tenté de reprendre, il s’était néanmoins déjà préparé à l’inéluctable en jouant la saison précédente comme si c’était la dernière. Et finalement, malgré un plaisir de jouer toujours intact, une saison étonnante individuellement, car toujours précieux pour ses Spurs malgré ses 40 ans passés, la sentence est tombée le 27 août dernier. Un adieu émouvant, un déferlement d’hommages, en NBA (Kobe, LeBron, Dirk, Wade et on en passe), mais aussi dans le sport, notamment argentin, en général (Lionel Messi, Juan Martin Del Potro), auquel il a énormément contribué. Une véritable légende qui s’en va, mais qui nous devait quand même une explication, à nous les fans de son génie.

« J’ai pris la saison dernière comme étant la dernière. Donc, chaque endroit où je suis allé, chaque situation, je savais en quelque sorte que ce serait la dernière. Mais j’ai laissé la porte ouverte, juste au cas où. Lentement, la porte a commencé à se fermer de plus en plus. Je ne pouvais plus voir mon corps supporter ce genre de travail. J’ai senti que j’avais eu une bonne saison, que j’avais laissé tout ce que j’avais la saison précédente à la fois physiquement et mentalement. »

« Quand je suis revenu ici [ndlr, le centre d’entraînement des Spurs] et que je suis venu travailler un peu, pour soulever, faire du vélo ou autre chose, j’ai vu Bryn [Forbes], j’ai vu Dejounte [Murray], j’ai vu les gars travailler et se préparer pour la saison . Et j’étais si loin de ça. C’est à ce moment que j’ai dit: «C’est sûr, c’est ça.» Il y avait un peu de cette porte ouverte, mais elle s’est fermée assez rapidement. Je ne pouvais pas me voir en train de me préparer pour une autre saison de 82 matchs, 65 dans mon cas. »

Bon d’accord on comprend. On aimerait trouver son explication complètement aberrante et le détester pour cela, mais même pour ça il arrive à nous convaincre. Trop fort ce Manu. Comment lui en vouloir, quand après 16 saisons en NBA, il décide de raccrocher ? Sachant que sa carrière pro a commencé en 1995, en Argentine, ça fait donc 23 ans que Ginobili trimballe ses cheveux mi-longs puis au fur et à mesure sa splendide calvitie sur les parquets. Durer aussi longtemps au plus haut niveau, c’est une exigence de tous les jours, et cela requiert une motivation hors-norme, de la trempe des plus grands, à laquelle appartient sans conteste Gino. Comme l’en atteste son palmarès long comme les bras de Giannis Antetokounmpo, dont les plus beaux accomplissements sont une médaille d’or aux JO d’Athènes en 2004, accompagné du titre du MVP du tournoi, la plus belle des récompenses internationales, sachant qu’il en a remporté d’autres avec la génération dorée argentine, ainsi que quatre titres de champion NBA, un titre de 6ème homme de l’année en 2008 et deux sélections au All Star Game. Et encore, le fait de jouer dans le Big Three des Spurs, dans lequel il n’était pas le plus mis en valeur, sortant essentiellement du banc, l’a sans doute pénalisé s’il avait voulu plus de récompenses individuelles. Et c’est là ce qui fait la grandeur du bonhomme, cette classe, cette dévotion admirable, bien loin de la chasse au titre à laquelle on assiste actuellement : il a toujours cru en sa franchise, et tout donné pour elle. On ne peut donc décemment pas lui en vouloir, un défaut de motivation aurait terni son image, soit il reprenait à fond, comme il l’avait toujours fait, soit il ne s’en sentait pas capable et mettait fin à sa folle aventure.

Son retour de vacances et le début de la préparation lui ont fait comprendre qu’il ne pouvait pas donner plus, qu’il fallait laisser la place aux jeunes et la porte s’est définitivement fermée. Car préparer une saison NBA, Manu le sait parfaitement, ça demande des sacrifices, un investissement total, qu’il ne se sentait plus capable de consentir à son âge. Une sage décision d’un si grand monsieur du basket. Et ce malgré la tentative désespérée de Gregg Popovich qui a finit par se rendre à l’évidence.

« Pop a brièvement essayé de me convaincre de continuer. Il a vu que j’étais sûr de moi, immédiatement. Il a respecté ma décision et on a eu une super discussion. »

Si même Popovich a échoué, c’est que personne ne le pouvait.

Adieu Manu, tu vas nous manquer. Mais malgré tout on ne t’en veut pas trop au final, comme toujours tu as su trouver l’angle parfait pour nous décocher une passe laser faire comprendre ta décision, et force est de constater qu’on est bien obligé de la respecter. Une légende de notre sport qui s’en va c’est toujours un moment chargé d’émotions, mais au moins tu auras fait durer le plaisir jusqu’au bout.

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