One-on-One

L’ère Carmelo Anthony à New York, des hauts et des bas et une fin à oublier : bienvenue dans la décennie 2010 des Knicks

carmelo anthony knicks

Impossible de ne pas revenir en profondeur sur la période Melo en parlant de la décennie 2010 de New York.

Source image : YouTube/ESPN

Il y a quelques jours, vendredi dernier plus exactement, les Knicks ont dégagé leur coach David Fizdale après un début de saison catastrophique. Un nouvel épisode qui symbolise le bordel de la franchise de New York, sur le point de terminer la décennie 2010 au fin fond de la NBA. Une décennie à oublier bien évidemment pour les fans des Knicks, mais qui a tout de même été marquée par la présence de Carmelo Anthony. 

Février 2011. Le 22 plus précisément. Si vous êtes fan des Knicks, ou des Nuggets d’ailleurs, ce jour résonne forcément dans votre tête. Une date qui rime avec l’un des plus gros transferts de la dernière décennie, le genre de transfert qui fait entrer les franchises impliquées dans une nouvelle ère et dont on parle encore longtemps après. Ce trade, c’est celui de Carmelo Anthony dans le Grosse Pomme, dans la ville où il est né, dans la franchise où il rêvait de jouer. Après des mois de rumeurs, Melo a finalement été envoyé de Denver à New York, en compagnie d’autres éléments dont le meneur vétéran Chauncey Billups, contre Raymond Felton, Danilo Gallinari, Wilson Chandler, Timofey Mozgov et un premier tour de Draft 2014. Un blockbuster dans les règles de l’art, qui devait permettre aux Knicks de devenir un candidat au titre avec le duo Carmelo Anthony – Amar’e Stoudemire, ce dernier étant arrivé quelques mois plus tôt lors de la folle Free Agency 2010. Ce transfert a cependant explosé le noyau d’une équipe de New York qui était très excitante à voir jouer à l’époque. On s’en rappelle encore, les grosses performances d’un Stoud en mode MVP, un Raymond Felton qui joue le meilleur basket de sa vie à la mène, un Gallo en mode scoreur, un Landry Fields qui devient le chouchou du public, le tout avec une pace à la Mike D’Antoni dans un Garden qui kiffe. Ça gagnait des matchs, ça marquait beaucoup de points, et ça avait redonné la pêche aux fans new-yorkais après des années de misère.

Ce transfert de Carmelo Anthony a marqué le début d’un mariage de six ans et quelques mois. Un mariage fait de hauts et de bas pour lui et les Knicks. On commence par les hauts, qui contiennent eux-mêmes quelques bas (on est chez les Knicks, ne l’oublions pas hein). À l’arrivée d’Anthony, les choses ont tardé à se mettre en place, car autant dire que Melo avec Mike D’Antoni, c’était difficile de faire plus incompatible malgré leurs noms qui se ressemblent. Du coup, MDA a jeté l’éponge en mars 2012 après une grosse série de défaites, seulement quelques semaines après l’épisode improbable nommé Linsanity, provoquant ainsi le premier changement d’une longue série sur le banc de New York au cours de la décennie (Mike Woodson, Derek Fisher, Jeff Hornacek, David Fizdale ont tous été virés). C’est sous les ordres de Mike Woodson que Carmelo a connu ses plus belles heures au Madison Square Garden, avec notamment cette campagne 2012-13 où les Knicks ont remporté 54 rencontres – le meilleur bilan des années 2010 bien évidemment et le meilleur depuis la fin des nineties grâce à un Anthony meilleur scoreur de la NBA et troisième à la course du MVP s’il vous plaît. Ah oui, on oubliait, notre Gérard Smith adoré a remporté cette année-là le titre de Sixième Homme de l’Année. Alala, c’était vraiment la belle époque, Melo était au top de sa popularité, le MSG rugissait, et les Knicks remportaient leur première série de Playoffs depuis 2000. Mais la belle aventure s’est finalement arrêtée face aux Pacers en demi-finales de Conférence Est, avec une élimination en six rencontres. Le début de la fin en quelque sorte.

Parce qu’à partir de là, on a assisté à la chute brutale des Knicks, avec un certain Phil Jackson comme personnage principal. Arrivé en mars 2014 au sein d’une franchise incapable de confirmer la belle campagne 2012-13, le Zen Master a pris les commandes dans le rôle de président des opérations basket, et son nom a tout de suite donné de l’espoir aux fans de Big Apple. Membre des deux seules équipes titrées de New York en 1970 et 1973, véritable légende du coaching (11 bagues NBA), Philou semblait être l’homme de la situation pour emmener les Knicks le plus haut possible, et Carmelo Anthony avait visiblement confiance en lui puisqu’il a signé une prolongation de contrat de cinq ans pour 124 millions de dollars à l’été 2014, le tout avec une no-trade clause en prime. Sauf que c’est tout le contraire qui s’est passé, car Jackson a fait du grand n’importe quoi. Fidèle à son attaque en triangle, Phil a voulu mettre en place sa philosophie chérie à New York, mais ce fut un gros flop à cause de choix catastrophiques tout au long de sa présidence. La liste est longue, très longue. Le bide Derek Fisher, des transferts importants (départ du défenseur de l’année 2012 Tyson Chandler, mais aussi Iman Shumpert, Gérard, Raymond Felton) pour une reconstruction ratée, et des résultats en chute libre avec notamment une saison 2014-15 à 17 victoires pour 65 défaites, la pire de l’histoire de la franchise (à égalité avec celle de 2018-19, sacrée décennie hein). Si la Draft de Kristaps Porzingis en juin 2015 a été un petit rayon de soleil dans ce marasme, le projet de Phil n’a jamais décollé, bien au contraire. On se rappelle notamment du transfert pour récupérer un Derrick Rose déjà bien loin de son meilleur niveau, et surtout de la signature scandaleuse de Joakim Noah pour quatre ans et 72 millions. Au milieu de tout ce bordel, il y avait donc Melo, toujours là pour mettre ses points mais forcément frustré par la situation de la franchise.

Pour couronner tout ça, Phil Jackson a commencé à blâmer Carmelo Anthony durant ses derniers mois à la tête des Knicks. Il y a d’abord eu cet article très critique envers Melo signé Charley Rosen, un proche du Zen Master. Et puis ensuite, c’est Jackson lui-même qui s’en est pris à Anthony, en soulignant son style de jeu trop individualiste avant de déclarer qu’un transfert serait mieux pour tout le monde. Ouch. Autrement dit, la relation était bien toxique entre le président et le franchise player de New York à ce moment-là. Et cette relation s’est terminée à l’intersaison 2017, avec le départ des deux grands noms. Celui de Jackson tout d’abord, qui avait quand même annoncé qu’il était ouvert à un trade du très prometteur Kristaps Porzingis, puis celui de Carmelo Anthony, qui était chaud pour faire ses valises avant de finalement accepter un échange au Thunder. Le départ de Melo a évidemment sonné comme la fin d’une ère, car on parle d’un joueur emblématique des Knicks malgré le manque de succès collectif. Il a laissé de nombreux souvenirs aux supporters new-yorkais, avec cette belle saison 2012-13, ses nombreux cartons au scoring et quelques moments all-time dont on se souvient encore. Il y a eu ce match d’avril 2012 face aux Bulls, quand Anthony a planté 43 points avec deux énormes shoots du parking dans le clutch qui ont fait exploser le Garden. Il y a eu également cette performance mythique contre les Bobcats en janvier 2014 avec 62 pions au compteur, tout simplement le record du nombre de points inscrits au Madison. Ces moments-là, on ne peut pas les oublier, peu importe la gueule des Knicks aujourd’hui.

Depuis le départ de Melo, les Knicks ont continué de creuser. La franchise new-yorkaise est devenue une véritable punchline, encore plus depuis l’été dernier où plusieurs superstars ont dit non au Madison Square Garden, pour mieux se diriger de l’autre côté du pont de Brooklyn. Un fail monumental, qui symbolise parfaitement l’état des Knicks actuellement.

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